Des évènements extrêmement troublants [d’un point de vue personnel] intervenus dans le petit monde de l’informatique ont coincidé avec ce bilan de mi-année 2001.

Le pourquoi de cet article réside aussi en partie dans le fait que six mois en informatique équivalent à six ans d’une vie normale et qu’un petit résumé serait la bienvenue;). En sus de cela, l’interview du ministre Jeeha n’étant pas prêt et le saut vers la couleur étant imminente, l’occasion était trop belle pour terminer ces six mois de présence.
Dans le 450ème numéro de ce magazine en date du 30 janvier 2001 se trouvait à cette rubrique l’article “Perspectives pour 2001”. Ce regard jeté vers un futur proche brossait un rapide tableau de ce qui nous attendait, certaines de ces prédictions à la Nostradamus mélangeant le présent et le futur se sont matérialisées, certaines en passe de l’être: Linux a décollé sur le marché des grands comptes plus au détriment des autres Unix et de netware qu’au dépend de Microsoft, vous en avez dû vous rendre compte par vous même.
Cela nous ramène au premier évènement. Microsoft commence à devenir sérieusement méchant envers la communauté des linuxiens et envers le concept du logiciel libre en particulier. Et méchant est un bien faible mot. Après avoir traité Tux de tous les noms d’oiseaux (sic!) dans les divers mémos internes (dont certains avaient filtré), Microsoft envoie tous ses lieutenants et partenaires porter des coups au concept du logiciel libre.
Les exemples pleuvent littéralement de partout. Intel, l’alter-ego de Microsoft dans le monde des microprocesseurs, déclare innocement par le biais de son président, Craig Barrett, que Linux n’a pas sa place dans un bureau (ou dans un ordinateur de bureau).
Dans un récent interview au Chicago Sun, le CEO de Microsoft en personne, Steve Ballmer qualifia Linux de cancer (en restant bien sûr dans le contexte de la propriété intellectuelle), il mettait ainsi en garde les entreprises qui essayent de bâtir une strategie cohérente autour de Linux estimant que les clauses entourant l’utilisation de l’Open Source sont une menace réelle.
Craig Mundie, un autre des lieutenant de Bill Gates, a ciblé l’ennemi à abattre – Le GPL (General Public License), que nous avions couvert dans nos derniers articles, est une sorte de Roi Midas informatique qui changerait tout logiciel contenant ne serait-ce qu’une seule ligne issue du GPL en logiciel gratuit. D’autres attaques sont plus subtils: ainsi une enquête très récente réalisée par Dataquest révéla, oh shocking, que Linux n’occupe que 9% du marché des serveurs.
Les ennuis commencent là: Primo, une enquête similaire réalisée par IDC, un rival de Dataquest, montre que Linux occuperait au moins 3 fois plus de place. Secundo, Microsoft est un des commanditaires de l’enquête de Dataquest. Il n’y a pas de fumée sans feu ;). Bill Gates s’y est mis de la partie en demandant instamment aux entreprises de bien lire la GPL avant d’utiliser des logiciels libres.
Le coup de grâce est venue la semaine dernière quand Microsoft demanda de ne pas “approcher” ses produits des logiciels “potentiellement viraux”. Oui, vous avez bien lu, Microsoft (ou ses hommes de loi) comparent le concept du logiciel libre à un virus! Bien sûr, Microsoft n’utilise pas de logiciel libre.. officiellement. Certaines sources confirment cependant la présence de Solaris et de BSD sur les serveurs de Hotmail, tandis que certaines voix mentionnent la ressemblance troublante de certaines portions de Windows NT 4.0 avec des composants GPL de POSIX….
Et devinez la dernière, Microsoft s’apprêterait à lancer ses services .Net pour Linux, va-t-on assisté à une réedition de la mise à mort de DR-DOS avec ce cheval de troie? Pour rappel, Microsoft avait volontairement mis certaines sécurités pour empêcher Windows 3.1 de fonctionner sur le DOS de Digital Research (DR). S’en suivi la mort de ce dernier et la victoire finale de MS-DOS. Lors de la bataille juridique qui s’en suivit, Caldera, le nouveu propriétaire de DR-DOS obtint gain de cause, mais malheureusement, la messe était dite. Microsoft n’aurait-il pas un “Hidden Agenda”?
Après avoir lû ces lignes, vous vous demandez sûrement, chers lecteurs, en quoi cela vous concerne. Si votre entreprise, quelle que soit sa taille, dépend sur l’informatique de près ou de loin, alors vous êtes en plein dedans. Voiçi donc la liste de griefs envers Microsoft qu’on retrouve de plus en plus ces derniers temps sur le web: Question sécurité, Microsoft a encore beaucoup à apprendre au vue de ses dernière bévues: le 8 juin, il aura fallu de peu pour qu’un ver nommé DoS.Storm, spécialement concu pour Windows NT et la plateforme IIs, ne déclenche une autre vague de Deni de Service.
Fin Mai, Microsoft a admis que ses ingénieurs ont implanté une porte d’entrée dans sa gamme de logiciels serveurs IIS avec des extensions de FrontPage 98: plusieurs centaines de milliers de sites à travers le monde (et sûrement une bonne douzaine à Maurice) sont concernés par ce backdoor. Pour résoudre cette “erreur”, Microsoft vous conseille de supprimer le fichier “dvwssr.dll”.
Bien sûr, cette erreur est tout à fait regrettable, mais même si vous fulminez à l’idée qu’un hacker puisse faire joujou avec votre site de plusieurs millions de roupies grâce à Microsoft, que pourrez vous faire? Et qui nous dit que Microsoft n’a pas d’autres backdoors. L’article en question se trouve sur le site de Yahoo Business et à pour titre “Microsoft Acknowledges Secret Code In Software”.
Allez-y pour plus d’information. Si vous vous faites “hacker”, ce sera, comme l’a dit un célèbre cycliste à “l’insu de votre plein gré”. Le pire reste à venir. Le 18 juin, un “trou”, une autre regrettable erreur, a été découvert par eEye, sur la plateforme IIs de Microsoft. Au final, plus de trois millions de sites doivent impérativement se faire patcher. Un patch est un bout de logiciel qui s’ajoute à l’original pour le rendre meilleur. Sauf que, coincidence, le mois de juin aura vu le patch le plus catastrophique de Microsoft.
Excusez du peu, c’est tout à fait abracadabrantesque: Le 12 juin, un patch de Microsoft Exchange, censé corriger un bogue dudit logiciel (qui sert à controler la communication par e-mail en intranet et en extranet), s’est retourné contre son maître: Résultat des courses, un patch qui fait plus de dégats que le mal qu’il est censé corriger et entraine un deni de service sur son propre serveur. Et dire que Craig Mundie, un des vice présidents de Microsoft, traitait les logiciels libres de “malsain”.
Le site web “attrition” qu’on avait exploré il y a quelques semaines a fermé sa section consacrée aux sites “hackées”. Raison principale: c’était devenu une banalité grâce à Microsoft. Linux et Apache sont gratuits, eux et même/malgré cela, ils sont bien moins vulnérables que les logiciels payants de Microsoft.
Il ne se passe plus une semaine sans que les rédactions spécialisées du monde entiers apprennent avec monotonie qu’un site fonctionnant sous Microsoft a été attaqués. Demandez donc à Microsoft, quatre de ses sites (QUATRE) viennent de se faire défigurer par UNE seule personne. Mais c’est surtout la montée d’agressivité envers ses propres clients qui fait peur. Microsoft a beau calmé les craintes, n’empêche que les preuves sont là et irréfutable.
Lors du lancement de Office XP (NDLR à Microsoft IOI: On attend toujours le CD d’essai d’Office), on avait, dans ces mêmes colonnes, vu pourquoi la firme de Redmond haussait le ton. Ses taux de progressions décroissent d’année en année et les profits stagnent. Alors, soit on crée de nouveaux marchés, soit on en conquiert d’autres. D’où l’initiative .Net et consorts. On avait vu aussi que Microsoft commencait à mettre la pression là où ça fait mal.
Après avoir envoyer des lettres d’avertissements à certains firmes de Chicago entre autres (on dispose d’un exemplaire), Microsoft s’attaque à tout le territoire américain et vise 5000 entreprises de taille moyenne. D’après nos informations, les “clients” DOIVENT (c’est une obligation) soumettre un audit complet de leurs licenses logicielles sous 30 jours faute de quoi les fédéraux vont le faire à leur place.
Cet essai s’étendra-t-il au monde entier? On en frissonne d’avance. Serait-ce l’ultime moyen déployé par la firme à la fenêtre aux quatre couleurs pour pousser les entreprises à adopter le mode d’abonnement? Nous n’osons y croire. Sinon s’il y a un partisan de Microsoft qui s’est mordu les doigts, c’est bien David Coursey, l’éditorialiste d’Anchordesk, l’email de chevet de votre serviteur. Microsoft lui avait promis qu’il n’y aurait pas de problème avec l’installation d’Office XP et les installations. Il l’a cru. Dommage. En plein ciel, alors qu’il travaillait avec cette suite logicielle, un message lui demandant de mettre le CD original d’office XP dans le lecteur CD [parcequ’il avait apparament changé radicalment son ordinateur] apparu à l’écran.
Cela aurait tomber sur n’importe qui! Le hic, c’est qu’il n’avait touché à rien. Voilà donc un logiciel qui vous “menace” sans que vous soyez coupable de quoique soit. Si tous les logiciels Microsoft adoptent la méthode de défense qui consiste à avoir une clé d’activation doublée d’une clé unique, alors imaginons qu’un petit malin arrive à propager un ver qui s’amuserait à chambouler le module de detection de Microsoft: une belle pagaille en perspective – vous n’avez touché à rien mais votre logiciel refuse obstinément de se lancer, imaginer cela à l’échelle mondiale….
L’autre pomme de discorde est la technologie Smart Tags; Microsoft a eu l’idée géniale d’intégrée un moyen de changer un mot simple en un hyperlien, moyennant des sous. Ainsi, si vous avez un article parlant de business à Maurice, pour peu que nous ayons contribué au trésor de guerre de Microsoft, toutes les références à Maurice deviendront un lien hypertexte vers l’addresse de notre site. Simple mais diabolique: Imaginez qu’un fan d’Astérix achète le lien de Pokemon et detourne l’hypertexte vers un site pour adulte! De là à imaginer que Microsoft chercherait à nous imposer des sites de son entourage immédiat, il n’y qu’un pas.
Quant à Windows XP, Microsoft compte dépenser environ Rs 15 milliards pour sa promotion et demandera à ses partenaires d’en débourser autant. D’içi la fin de l’année, c’est près de Rs 30 milliards qui risque de partir en promotion (Office XP, Xbox et Windows XP). Enfin selon les dernières nouvelles, sous la pression du public, Microsoft a abandonné les smart tags du moins pour l’instant. Enfin, certaines rumeurs prétendent que Microsoft serait en train d’abandonner le tout-gratuit pour ses services.
On l’a vu avec bcentral, linkexchange et tout dernièrement Listbot. Manquerait plus que HOTMAIL devienne payant :). En passant, Microsoft Office XP est en vente en malaisie au prix de Rs 60, version complète et piratée bien sûr. Autre prédiction qui est devenue malheureusement vraie, c’est l’abandon par Netscape de tout développement de son navigateur, Netscape Communicator. Désormais, seul Mozilla, version “open source” du navigateur de Marc Andressen reste en liste avec Opera pour concurrencer le bulldozer de Microsoft, Internet Explorer: la fin d’une époque.
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