
La nouvelle est encore toute fraîche et risque de bouleverser bien des habitudes. IBM, celui-là même qui a inventé l’ancêtre de l’ordinateur personnel actuel et par la même imposé contre son propre gré l’hégémonie du couple Microsoft/Intel, vient de se séparer preque complètement de sa section PC. Notre article d’aujourd’hui s’attarde sur les raisons qui ont pousse Big Blue à faire ce pas qui change l’histoire de l’informatique.
La rumeur circulait déjà depuis quelques semaines selon laquelle, IBM, le numéro trois mondial en matière de ventes d’ordinateurs et le numéro un en terme de produits et services informatique (avec un chiffre d’affaire de près de USD 90 Mds) allait se séparer de sa branche PC pour se concentrer sur des secteurs informatiques beaucoup plus lucratifs - IBM avait déjà amorcé ce changement avec l’achat de Price Waterhouse Coopers en 2002 pour USD 3.5 Mds.
L’acquéreur de la division PC d’IBM n’est autre que Lenovo, que beaucoup de petits revendeurs informatiques connaissent sous son ancienne appelation - QDI/Legend. L’accord crée le troisième constructeur mondial d’ordinateurs avec des parts de marché de 7.7%, loin des 13.9% de HP et surtout des 16.4% de Dell. Un géant de USD 12 Mds voit ainsi le jour avec près de 12 millions de PC vendus en 2003.
Lenovo est actuellement numéro 9 mondial. IBM, il faut le rappeler avait lancé le PC actuel en 1981 et a d’un seul trait lancé la révolution que nous connaissons actuellement. Mais Big Blue a ensuite accumulé une série d’erreurs: Ambra, le standard MCA, OS2 etc qui lui ont fait perdre des parts de marché et ont aidé indirectement leurs concurrents.
La transaction en détail
10,000 employés d’IBM (40% d’entre eux déjà en chine et moins de 25% en Amérique) se joigneront à Lenovo qui verra du jour au lendemain, sa taille quadrupler. Le montant de cette affaire se situe aux environs de $1.75 Mds en actions et en argent liquide. Les modalités de cette transactions demeurent complexes mais il permet à IBM de pénétrer le marché chinois fort de ses 1.3 milliards d’habitants par la grande porte tandis que Lenovo se voit déroulé le tapis rouge avec l’acquisition d’une marque de renommée mondiale qui lui donne une assise que beaucoup envient.
En sus de cela, IBM devient actionnaire à hauteur de 18.9% de Lenovo. Ce dernier sera le fournisseur de PC officiel d’IBM et a été offert le privillège d’utiliser pendant cinq ans la marque IBM - qui inclut Ambra, Thinkpad etc. Lenovo utililsera la plateforme globale d’IBM pour vendre ses produits Lenovo/IBM. Les démarches de ce deal remontent apparament à juin 2003.
Cette vente intervient dans le sillage d’un rapport de la firme de consulting Gartner qui predit que trois des 10 premiers vendeurs de PCs seront obliger de quitter ce secteur d’içi 2007. L’ordinateur personnel est desormais devenu une commodité et les profits réalisés sont souvent minces pourne pas dire inexistantes.
En fait, une des principales raisons qui expliquent pourquoi IBM a conservé si longtemps sa branche PC est teintée d’une logique innocente: les PCs vendus agiraient comme une porte d’entrée pour d’autres source de revenus plus importants comme les serveurs ou le consulting.
Seulement voilà, IBM n’est pas Dell ou HP et d’autres competiteurs sont passés par là. Les pertes se sont accummulées et IBM a graduellement vendu tout ce qui touchait à l’informatique; Lexmark dans un premier temps, devenue une entreprise - assez importante pour faire ombrage à ses concurrents HP, Canon et Epson - et à part entière puis la vente de sa section stockage/disques durs à Hitachi et enfin la vente de sa section PC qui met un point final à une aventure qui a duré presqu’un quart de siècle.
HP next?
En fait, mis a part Dell, les autres grands constructeurs d’ordinateurs individuels n’ont pas d’autres options que de vendre des PCs. HP en est l’exemple le plus intéressant. La firme americaine utilise les PCs pour vendre des peripheriques comme ses imprimantes et ses appareils photos numériques.
Cela n’est néanmoins pas suffisant pour empêcher une sérieuse hémorragie de billets verts. Pour preuve, HP a vendu pour 21 milliards de dollars de matériel informatique en 2003 mais n’a encaissé que 22 millions, un profit de 0.1%, alors que sa section imprimante et photographie réalise les trois-quarts des profits de HP pour un chiffre d’affaire légèrement inférieur; ce qui donne à penser que dans un proche avenir, HP pourrait lui aussi dire bye bye à ses actifs PC.
Pour en revenir a IBM, l’identité de l’acheteur a aussi été un facteur important de même que le prix proposée.
La concurrence n’a pas tardé à charger les fusils. HP s’est attaqué à Lenovo sur son propre terrain, le marché chinois, en lançant quelques jours après l’accord Lenovo/IBM, un ordinateur à Rs 13,300 (3999 yuans). L’ordinateur utilise un processeur AMD et, curieusement, le système d’exploitation FreeDOS comme OS.
Outre une question qui risque d’embarasser (pourquoi HP peut-il lancer un ordinateur à un tel prix en Chine et non pas à Maurice?), les parts de marché de Lenovo risquent de se réduire comme une peau de chagrin devant les coups de boutoir de Dell et de HP, alors que le marché chinois vient tout juste de se positionner derrière celui des américains. Quant à Dell, son fondateur Michael Dell n’y est pas allé de main morte pour rejeté le challenge du nouveau numéro trois mondial. Pour lui, la vente de la division PC d’IBM ne surprend nullement.
Mais le futur risque d’être encore plus difficile pour les occicentaux - même pour Dell - si l’asie se lève. Beaucoup ne le savent pas mais la très grosse majorité des ordinateurs, portable ou pas, est fabriqué en chine et à taiwan. Des constructeurs comme Foxconn, Lenovo ou Asus fournissent après des appels d’offres la plupart des revendeurs américains ou europées - Dell, Apple ou encore Gateway et IBM.
Si demain, comme cela risque d’arrivé, ils commencent pointer le bout de leur nez et lancer leurs produits maison, concurrençant ainsi les produits de leurs clients directs, l’on se retrouvera dans une situation cornélienne. Si cette prévision devient réalité, alors on risque d’assister à une prédiction funeste pour certains; dans 10 ans, l’on ne reconnaitra plus les 10 premiers revendeurs d’ordinateurs.
Le spectre de Compaq, DEC et NCR
Le rachat de la division PC d’IBM par Lenovo fait quelque peu penser à celui de Compaq par HP - qu’on avait qualifié de “fusion” à l’époque. Ce phagocytage est en train de très mal se passer et la digestion risque d’être fatale à HP; mais cela est une autre histoire. Reste que les précédents ne manquent pas pour démontrer que les fusions sont trop souvent l’élément déclencheur d’une mauvaise passe. AT&T avait acheté NCR et l’a amèrement regretter.
Compaq a avalé DEC et ne l’a pas digéré. Les deux seules fusions qui semblent avoir marché sont celles de Fujitsu Siemens et Nec Packard Bell. Comme l’on peut le constater, elles concernent principalement des compagnies occidentales rachetées par des firmes asiatiques - l’achat de emachines par Gateway est encore trop récent pour pouvoir tirer des déductions hâtives.
Même si IBM et Lenovo jurent par tous les dieux que le deal combine les synergies des deux compagnies et qu’il n’y a pas d’overlapping, on ne peut s’empêcher que ce mariage relève plus de la belle et la bête que de Cendrillon. Tous les séparent: orient/occident, jeune compagnie contre un centenaire, un géant mondial et un jeune pousse etc. C’est surtout au niveau du management que la différence se fera sentir le plus. Les cadres d’IBM sont pour la plupart des personnes pétries d’expériences et qui ont vu beaucoup plus que les nouveaux venus de Lenovo.
Qu’est-ce qui va changer?
Pour Intel et pour Windows, la nouvelle est loin d’être réjouissante. Lenovo est un joueur qui ne se privera pas de vendre des PCs bâtis autour de Linux et AMD afin de réduire ses prix au minimum. Intel et surtout Microsoft, n’auront d’autres choix que de réduire les prix ou voir leurs parts de marché fondre comme neige au soleil.
Le marché chinois risque de changer la donne pour un certain nombre de joueurs. La chine a depuis ses propres processeurs, et Lenovo qui est une entreprise semi-étatique pourrait, pourquoi pas les utiliser, en lieu et place des processeurs made in USA.
Le vDragon - un processeur type powerPC entièrement conçu en chine - a été lancé en 2003. Ajouté à cela, une rumeur persistante à l’effet qu’un accord sino-indien a été conclut afin que les indiens et les chinois mènent ensemble une croisade afin de dominer le monde informatique - le deal Lenovo n’étant que la partie visible de cet iceberg. Bien sûr, on frise presque la paranoïa, mais le journaliste Harish Baliga, l’inde prépare un système d’exploitation secret qui pourrait concurrencer Windows et Linux. Dans leur poursuite du prix le plus bas, les vendeurs informatiques brisent graduellement un des tabous les plus tenaces, à savoir l’utilisation d’un système exploitation autre que Windows pour un ordinateur personnel.
En fait, le grand gagnant est probablement IBM qui en transferant sa section PC à Lenovo fait prendre un risque substantiel à la firme chinoise qui ne se rendra probablement compte de son erreur que lorsqu’il sera peut-être trop tard. De plus, ils ont sû place leur homme, Stephen M. Ward Jr., responsable de la branche Personal Systems Group, à la tête de l’entité ainsi crée.
La croissance de Lenovo n’ayant rien d’organique, le deal Lenovo/IBM prendra un certain temps avant de se cimenter et il est plus que probable que les concurrents se déchaînent sur le leader chinois, comme mentionné auparavant. IBM veut devenir avant la fin de la présente décennie l’équivalent de Yahoo en terme de service informatique, offrir un éventail inégalée de services sous un même toit. Même si Lenovo/IBM est de loin le leader du marché chinois, dormir sur ses lauriers en informatique est une erreur qui se paie comptant.
Lu pour vous : L’actualité informatique à la loupe
Comme il l’avait annoncé début novembre, le fournisseur d’accès américain AOL a licencié 750 employés, dans un effort de restructuration et de réduction des coûts d’opérations. Ces coupures sont réparties dans l’ensemble des secteurs de la société. Il y a un an déjà, la filiale Internet de Time Warner avait remercié 500 salariés. Suite au déclin progressif du nombre d’abonnés à son service d’accès Internet, depuis deux ans, la compagnie a décidé de se concentrer sur ses autres activités et d’optimiser ses revenus publicitaires. De plus, Les revenus publicitaires d’AOL auraient augmenté de 33 % en un an, atteignant le milliard de dollars en 2004, selon sa maison-mère Time Warner. La croissance de ces revenus serait encore plus importante en fin d’année : sur le seul quatrième trimestre, ils atteindraient 300 millions de dollars, en hausse de 50 % par rapport à la même période l’an passé.
Les consommateurs américains ont dépensé près de 9 milliards de dollars sur des sites marchands en novembre, soit une croissance de 19 % sur un an. Les catégories de produits les plus achetés en ligne sont les vêtements (1,5 milliard de dollars), les jouets et les jeux vidéo (1 milliard de dollar), les DVD (882 millions de dollars), les livres (621 millions) et la musique (481 millions de dollars). Les secteurs ayant enregistré la plus forte croissance sont les jouets et jeux vidéo (+ 43 %), les DVD (+ 39 %) et la musique (+ 32 %).
La confiance dans les achats en ligne s’accroît dans toute l’Europe. Une étude commanditée par l’EIAA (European Interactive Advertising Association) révèle que 91 % des Européens se montrent satisfaits de leurs achats en ligne, soit 30 % de plus qu’en 2003. Ils invoquent notamment la rapidité et la facilité pour plébisciter l’achat par Internet. Selon le cabinet Forrester, le volume des ventes en ligne devrait atteindre cette année 13 milliards d’euros, en progression de 44 % par rapport à l’an dernier
l’ADSL continue d’être la technologie dominante pour le haut débit à l’echelle mondiale. Elle détient 90 % des parts du marché des semi-conducteurs DSL, selon une étude cu cabinet In-Stat/MDR. Toutefois, sa croissance devrait s’atténuer au profit du VDSL. En 2004, la progression attendue de l’ADSL est de 52 %, due surtout à la nouvelle technologie ADSL 2+ mais elle ne serait plus que de 14 % en 2005, selon les prévisions In-Stat/MDR. D’après la même étude, le VDSL progresserait de 71,5 % en 2004 et de 65,3 % en 2005.
Le taux de réussite des campagnes d’e-mail marketing serait en baisse aux Etats-Unis, selon les données collectées par DoubleClick. Au troisième trimestre, le taux de clic publicitaire aurait chuté de 7,5 % chez les utilisateurs du système DART et le taux d’ouverture de 10,5 % par rapport au troisième trimestre 2003. En revanche, le taux de distribution est en hausse, de 88,2 % au troisième trimestre 2003 à 89,3 % au troisième trimestre 2004. Le taux moyen de conversion est lui aussi en hausse, de 3,4 à 4,2 %.
Après avoir réuni plus de 250.000 dollars auprès de fans pour financer l’achat d’encarts publicitaires dans le New York Times en novembre, l’éditeur du navigateur Mozilla Firefox, entend reproduire le même exploit en Europe. En effet, un appel à des dons a été lancé pour insérer des publicités dans la presse européenne. Plus de 70.000 euros ont ainsi été collectés, dont une grande partie de la somme servira à acheter de la pub dans le grand quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Outre la promotion du navigateur concurrent d’Internet Explorer, la liste des 2.043 contributeurs sera publiée dans l’encart publicitaire.
Aux Etats-Unis, le président Bush a ratifié la loi dite “The Internet Tax Discrimination Act” qui prolonge le moratoire accordé aux services d’accès Internet sur le paiement des impôts. Le premier moratoire, d’une durée de trois ans et qui a pris fin en novembre 2003, a depuis fait l’objet de longues discussions pour savoir s’il devait ou non être reconduit. La réponse a finalement été affirmative et le moratoire court à nouveau, pour une période de quatre ans. Son terme a été fixé au 1er novembre 2007 puisqu’il s’applique réotractivement sur la fin de l’année 2003 et le début de l’année 2004.
Selon l’International Telecommunication Union (ITU), le nombre d’utilisateurs de téléphones mobiles atteint dans le monde 1,5 milliard à la fin du premier semestre, soit près d’un quart de la population mondiale. Il dépasse dorénavant le nombre d’usagers de la téléphonie fixe (1,185 milliard). L’ITU recense également 700 millions d’internautes sur toute la planète. Un taux de pénétration relativement faible mais qui pourrait croître rapidement si l’accès à Internet via un téléphone mobile se répandait dans les pays en développement, où la téléphonie fixe est peu utilisée.
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